Ciel urbain

Vitaminé

Olive

Marine

Crépuscule

Nuit

DSDEN 93 - L’éducation en Seine-Saint-Denis

Histoire de la Terre : si le temps m’était conté !

Sur le mur de leur collège, cent élèves de 3e du collège Anatole France de Drancy ont réalisé une fresque du temps pour comprendre l’évolution de la vie tout au long de l’histoire de notre planète. Retour vers ...

« L’Allée du temps  » : 450 mètres pour 4,5 milliards d’années d’histoire de la Terre.

Cette réalisation réduite du temps, imaginée et proposée aux visiteurs par de M. Patrick de Wever, professeur de géologie, dans le jardin des plantes à Paris en 2008, séduit Madame Josiane Combe, professeur de sciences de la vie et de la Terre au collège Anatole France de Drancy. Elle décide de reprendre le thème du temps qui passe pour introduire la notion d’évolution à ses élèves en classe de troisième. « Avant de comprendre quel merveilleux outil didactique nous était proposé là, il m’a fallu parcourir tout le jardin des plantes, de son entrée côté Seine jusqu’à la Grande Galerie. L’interpénétration des notions de temps et d’évolution s’impose alors avec simplicité » confie t-elle toujours enthousiasmée.

« Une fresque murale pour appréhender l’échelle du temps »

Comment s’approprier une échelle aussi abstraite ? Avec son collègue M. Didier Baudry, professeur d’arts plastiques, nait l’idée de la réalisation d’une peinture murale dans la cour du collège impliquant tous les élèves de troisième et visible par tous ! Madame Neslihan Kadioglu, professeur de SVT au collège s’associe au projet sans hésitation aucune ...

Pour cette invitation au voyage, pas moins de 46 mètres de longueur sur 0,5 mètres de hauteur seront utilisés ! « Nous voulions , à l’instar de M. de Wever, que les élèves prennent conscience du temps qui passe en se déplaçant dans l’espace ».

Pour cette promenade à travers l’histoire de notre vieille planète, deux frises intimement liées vont nous permettre de découvrir l’évolution des milieux aquatique et terrestre, de la naissance de la Terre à nos jours. A chaque pas, nous sommes invités à nous situer par rapport au temps parcouru en millions d’années mais aussi par rapport à la distance réelle parcourue le long du mur, en mètres.
Ainsi, lorsque vous vous arrêtez après avoir marché plusieurs mètres, deux questions vous viennent à l’esprit : Mais qu’est-ce que j’ai vu avant ? Qu’est-ce que je vais voir après ?

« Le fait d’être en mouvement permet au corps de s’approprier "ces temps géologiques". On joue sur la mémoire, la curiosité »
explique M. Baudry.

 

Chronologie d’une fresque annoncée !

Maquette (itinérante), fresque (murale et sa version numérisée) sont les dimensions du projet qui mobilisera les élèves sur deux années scolaires.

La maquette

 

Il leur faut tout d’abord faire une maquette au 1/20. Devant l’ampleur de la démarche scientifique et artistique, les collégiens comprennent aisément que leurs travaux s’inscriront dans la réalisation d’une œuvre collective. Nul ne deviendra le spécialiste du précambrien, du cambrien ou encore du carbonifère, jurassique ou crétacé. Tous auront une même mission de diffusion des connaissances scientifiques à travers leur sensibilité artistique. Leurs illustrations symboliseront les mots.

Par binôme, ils se constituent des fonds documentaires. Après lectures et échanges, ils s’approprient des formes et exécutent leurs premières esquisses. Sur les tableaux se dessinent des paysages où plusieurs plans se succèdent. Des idées majeures apparaissent alors : pluie de météorites, activité volcanique intense, apparition des premiers océans, premières traces de vie. Sur d’autres, on voit s’articuler faune, flore, espèce relevant chacune d’une logique et d’un rythme spécifique. Ainsi se dessine l’histoire de la Terre.
« Il leur a fallu beaucoup de méthode pour adapter leurs dessins proportionnellement à la contrainte de l’échelle temps » témoigne M. Baudry.
Après quelques semaines, la cohérence de l’ensemble doit être prise en compte. L’idée d’un travail plus élargi, par 4 puis 6 s’impose. Des reprises sont nécessaires afin d’associer chaque morceau de maquette à son suivant. La collaboration prend alors tout son sens et le croisement des regards permet à chacun de s’approprier l’ensemble des travaux. Les esquisses en noir et blanc terminées, les élèves réalisent en plus grand groupe la mise en couleur de la maquette, à partir de codes prédéfinis et à l’aide de feutres, crayons de couleur... C’est ainsi par exemple que le ciel orangé deviendra progressivement bleu, laissant présager l’apparition d’oxygène dans la couche gazeuse entourant la Terre. De grands traits rouges verticaux, des cristaux de glace nous annonceront les grandes crises géologiques et les glaciations.
La première année scolaire se termine. La maquette est proposée pendant l’été à l’évaluation du département de Géologie du Muséum national d’Histoire naturelle, qui à travers M. de Wever, soutient les travaux.

La fresque

Pour le nouveau groupe d’artistes-chercheurs en herbe, il faut prolonger la démarche tout en se reposant sur l’ensemble des recherches et esquisses effectuées par leurs prédécesseurs. Une continuité dans le travail qui s’inscrit dans le temps !
La maquette doit être remise au propre en tenant compte des corrections scientifiques et des améliorations artistiques. « Ils devaient désormais apprendre par exemple comment donner l’impression de relief à l’aide d’une couleur, comment obtenir un décalque de dessin sur le mur à l’aide de la technique du voile de verre »
L’entrée du projet dans le parcours culture et art au collège (conseil général de la Seine-Saint-Denis) permet aux enseignants d’associer au groupe une artiste ouvrière, Madame Jacqueline Houplain (association La RUTILE), et de diversifier l’horizon artistique et scientifique des collégiens par des sorties culturelles.
A la « grande galerie de l’évolution », les élèves s’imprègnent de la diversité des espèces aquatiques et terrestres. Dans les galeries de paléontologie et d’anatomie comparée, ils observent et dessinent les squelettes des vertébrés qui ont marqué les principales étapes de l’évolution.
Sur le terrain, à la carrière aménagée de Vigny dans le Val d’Oise, ils apprennent à lire un paysage avec les professeurs de SVT mais aussi à acquérir la technique des frottages avec le professeur d’arts plastiques afin de prendre l’emprunte de fossiles, outil qui leur sera précieux pour leur fresque. Une escapade à Auvers-sur-Oise leur permet de s’impressionner des paysages tel d’autres peintres en leur temps.

Parallèlement, le travail en atelier continue. Un groupe se charge des nouveaux dessins de maquette. Ils seront progressivement numérisés afin d’aboutir à une impression sur panneaux repliables. L’ensemble constitue désormais une maquette itinérante de 10 mètres, que le collège propose en prêt dans le département, accompagnée d’un livret pédagogique réalisé à l’initiative de Madame Neslihan Kadioglu.

Attention chantier !

Pour l’autre groupe, après l’acquisition des principales techniques de peinture murale suivie d’une longue période de préparation du mur en terme de repérage des dates, du nombre de mètres parcourus, le premier coup de pinceau est donné au début de l’hiver. Sur leur chantier, ils se répartissent le long des 46 mètres par petit groupe de deux ou trois, les uns avec une palette couleur dite volcan, pour d’autres une palette stromatolythe ou encore océan. Certains se spécialisent alors que d’autres, au contraire s’adaptent aux besoins du moment « Ils ont travaillé en autonomie et ont fait preuve de résistance et de volonté. C’était une véritable épreuve physique à laquelle ils n’ont jamais renoncé ».
Pendant 5 mois, deux heures par semaine, les pinceaux et rouleaux s’entrecroisent. Le plein air devient alors leur véritable atelier. Face à cette œuvre désormais accessible à toutes les générations de collégiens, nul ne peut rester insensible tant leurs paysages sont couleurs et captent l’instant du ressenti !

A la grande satisfaction de Madame Combe, cette fresque est désormais le décor de sa salle de classe lors des séances consacrées à la partie du programme intitulée : « Evolution des organismes vivants et histoire de la Terre » .

A découvrir

Si le temps m’était conté
Photographies d’Amandine Santos, élève stagiaire - baccalauréat professionnel communication graphique


 

« Le temps, toute une histoire ! »
Version numérisée
de la fresque- site SVT de l’académie de Créteil

 

La maquette itinérante : contacter l’intendance du collège A. France de Drancy


 


© DSDEN93 - Mission communication - 2011-03-31 17:11:36

Recherche (Google) :

Sites institutionnels
Académie de Créteil
Education.gouv.fr
Service-public.fr
Autres sites

Infos site
Accessibilité
Mentions légales

Abonnements
Fil RSS
e-lettre des enseignants