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Nos reportages de l’année scolaire 2007-2008

Poésie en liberté : 10e édition du concours international de poésie pour les lycéens

Entretien accordé par Jean-Pierre Cascarino, délégué général, directeur artistique de l’association  Poésie en liberté à l’occasion de la 10 e édition du concours international de poésie en langue française pour les lycéens et les étudiants via Internet. www.poesie-en-liberte.fr

L’affiche du concours Poésie en liberté souligne qu’il s’agit du 10 e anniversaire. Quelles sont les principales caractéristiques du concours 2008 ?

L’affiche de cette année qui a été réalisée par les étudiants de l’école Estienne insiste sur le dixième anniversaire. En effet, nous tenions à marquer l’événement, car depuis le début, nous nous sommes adressés aux lycéens puis aux étudiants et le fait que l’action se soit inscrite dans la durée - une décade c’est quand même important - me semblait valoir la peine d’être souligné. Le dixième anniversaire présente effectivement certaines caractéristiques. La première concerne les prix. Jusqu’à présent, nous offrions grâce à nos partenaires des livres, des CD, donc des cadeaux non négligeables en dehors du fait que nous faisions venir les lycéens à Paris. Cette année, les premiers prix se verront dotés d’un très beau cadeau, un ordinateur portable eeePC. La deuxième caractéristique est que nous allons organiser une soirée conviviale pour fêter ces dix ans au cours de laquelle interviendront les différents acteurs qui nous ont accompagnés pendant cette décade et surtout, nous l’espérons, d’anciens lauréats qui viendront nous rejoindre, y compris des jeunes gens et des jeunes filles qui essaient de se lancer dans une carrière artistique et pour lesquels Poésie en liberté a compté. Ce sera donc une soirée qui aura lieu au mois de décembre à Aubervilliers, le berceau de l’action.
J’ajoute, toujours dans la perspective du dixième anniversaire, que nous allons aussi proposer par l’intermédiaire de notre initiative « Le poète de l’année  » un spectacle autour du poète choisi pour 2008 qui est Gérard de Nerval. Nous y travaillons avec le lycée Champlain de Chennevières-sur-Marne : il s’agira à partir des textes du poète d’aboutir à une pièce de théâtre qui sera une sorte de parcours dans l’œuvre de Nerval. Ce « spectacle », élaboré en collaboration avec Jean-Luc Despax, professeur de lettres, poète et critique (président du jury Poésie en liberté 2008), la metteure en scène Barbara Bouley (Compagnie Un Excursus) et les équipes pédagogiques du lycée Champlain, devrait être représenté dans la première quinzaine de décembre par des élèves du lycée. Si tout va bien, nous prévoyons deux autres représentations.
Nous prévoyons également pour la dixième édition d’éditer une petite brochure anniversaire dont la réalisation devrait être confiée à l’école Estienne.

Pouvez-vous nous présenter un historique de l’association « Poésie en liberté » ?

Le projet est né au lycée Henri Wallon d’Aubervilliers en 1998 et la première édition a eu lieu en 1999. Cette idée est née du fait que, en 1998, nous étions au commencement de l’utilisation d’Internet dans les lycées. Dans ma pratique professionnelle, j’attachais beaucoup d’importance non seulement à l’enseignement de la poésie, mais aussi à sa pratique écrite. Pendant longtemps à Aubervilliers, nous avons édité une petite revue « Mots pour Mots » dans laquelle la poésie avait sa place, et la mairie soutenait ce projet.
En 1998, j’étais en relation avec les éditions Hatier pour un tout autre travail et en réfléchissant avec le responsable multimédia, il m’a semblé intéressant d’associer les nouvelles technologies d’Internet à une démarche créative et pédagogique au service de la poésie. C’est de cette rencontre-là qu’est née l’idée du concours. Immédiatement, nous avons été soutenus par la mairie d’Aubervilliers et nous sommes partis à l’aventure avec l’appui des éditions Hatier. L’équipe administrative du lycée Henri Wallon et, notamment son proviseur adjoint de l’époque, M. Muller, a été emballée et m’a donné carte blanche. Nous avons eu la chance de trouver immédiatement auprès du Ministère de l’Education nationale une écoute et un feu vert pour le lancement du projet.

Ministère de l’Education nationale, mai 2007

Cette conjonction (municipalité d’Aubervilliers, administration du lycée Henri Wallon, des collègues bénévoles qui nous ont aidés, un grand éditeur et enfin le Ministère) a fait que les bases étaient solides. En quelques semaines, nous avons organisé avec les éditions Hatier un numéro zéro et le résultat a été si encourageant que nous avons lancé la première édition dans la foulée. J’ajoute que dès cette première année, nous avons fait le choix d’un jury de lycéens, présidé par un poète afin qu’ils soient au cœur du dispositif. C’est ce qui a créé un état d’esprit extrêmement positif et les lycéens se sont emparés de l’action parce qu’ils en étaient vraiment le cœur.
Le projet répondait aussi à la volonté de valorisation de notre lycée car déjà à l’époque se multipliaient les clichés ravageurs sur les lycées de banlieue, sur une jeunesse qui ne s’intéressait à rien et surtout pas à la poésie… Nous voulions donc montrer que notre lycée était capable d’organiser une action d’envergure. En même temps, nous désirions mettre en valeur le fait que, beaucoup plus couramment qu’on ne le pense, les lycéens écrivent de la poésie.
Il fallait leur donner la possibilité de se rendre compte, à une grande échelle, que ce qu’ils écrivent dans le lycée ou hors du lycée peut intéresser les autres. De ce point de vue, écrire c’est partager.
L’Internet nous est apparu comme l’outil idéal puisqu’il permet de toucher beaucoup d’élèves facilement. J’ajoute qu’assigner à ce nouveau média une fonction créative – loin des mécaniques abêtissantes – nous a semblé particulièrement opportun. Il n’en reste pas moins que l’Internet reste virtuel et change très rapidement. Les textes publiés disparaissent rapidement. C’est donc pour cela que nous avons demandé aux Editions Hatier s’ils étaient d’accord pour publier un recueil annuel du concours. Ils ont accepté notre proposition et c’est ce qui a permis, à mon avis, de donner tout son sens à notre entreprise.

Nous avions donc dès la première année les trois piliers de notre projet :

  • Un jury de lycéens, présidé par un poète.(témoignages des jurés)
  • L’Internet comme support du concours et donc comme véhicule de la communication.
  • Un recueil qui réunissait non seulement les palmarès mais aussi un choix des meilleurs poèmes sélectionnés par le jury. (Un Poème du recueil).

A l’heure actuelle, le recueil, publié depuis 2004 par les éditions Le Temps des Cerises, atteint les 150 pages. Tous les lycéens publiés en reçoivent un exemplaire ainsi que tous les lycées qui participent. L’an dernier, nous avons ainsi distribué entre 2500 et 3000 exemplaires.

jury 2007 - Délibérations - Ministère de l’Education nationale

Dès la première édition, nous avons reçu des participations de l’étranger, ce qui a structuré le concours en différents palmarès : le palmarès des lycées français de France et le palmarès des lycées de l’étranger où l’on apprend le français. Nous avons tout de suite été très surpris par la qualité des productions des lycéens de certains pays, pas tous francophones ; je pense, par exemple à la Roumanie. Par la suite, nous avons ajouté le palmarès des lycées français de l’étranger et, tout récemment, s’est ajouté un palmarès spécifique aux lycées d’Ile-de-France.

Quels sont les principaux acteurs et partenaires de "poésie en liberté" ainsi que les objectifs de l’association ?

Les partenaires

Au départ de l’action, le travail s’est fait exclusivement à partir du lycée Henri Wallon dans lequel j’enseignais et où j’ai continué à enseigner quelques années. Puis j’ai obtenu un mi-temps auprès de la Ligue de l’enseignement parce que notre projet devenait très lourd à gérer et difficilement compatible avec un service d’enseignement. Dans un troisième temps, il est apparu qu’il n’était plus possible de faire les deux choses simultanément. En 2003, nous avons créé officiellement l’association Poésie en liberté pour pouvoir développer notre projet de façon indépendante et organiser au mieux sa complexité. Dès lors, j’ai été mis à la disposition complète de l’association par le Ministère de l’Education nationale.
La plupart des partenaires du tout début nous ont suivis. On peut distinguer quatre catégories :

  • Premièrement, les partenaires institutionnels liés à l’Education nationale : le ministère de l’Education nationale et l’Académie de Créteil.
  • Deuxièmement, au plan local, la municipalité d’Aubervilliers, le Conseil général de Seine-Saint-Denis, le SCEREN/CRDP de l’académie de Créteil.
  • Troisièmement, des partenaires privés tels que la Banque Populaire Rives de Paris, la Casden, la MGEN.
  • Quatrièmement, des partenaires associatifs : La ligue de l’Enseignement, Le Printemps des poètes, la FCPE.

D’autres partenaires nous ont rejoints au fur et à mesure de notre développement : les éditions Le Robert et "Aujourd’hui poème", un mensuel d’informations poétiques.
Partenaires de la dernière heure, la région Ile-de-France depuis 3 ans et enfin l’AEFE, Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger, nouveau partenaire dans la diffusion de l’opération auprès des 450 lycées français de l’étranger.
Deux partenaires particuliers, l’Ecole Estienne pour le visuel du dixième anniversaire et depuis 2004 l’éditeur "Le Temps des Cerises". Depuis, notre recueil a pris un tout autre aspect et il s’agit maintenant d’un véritable recueil de poésie, disponible dans toutes les librairies. Evidemment, l’association en est coéditrice et il est possible de l’acheter via le site.

Les objectifs

L’association avait deux objectifs dès le départ :

  • Le premier était que l’organisation de ce concours porte la parole des lycéens grâce à l’écriture poétique et modifie donc le regard stéréotypé que l’on porte sur eux.
  • Le second était évidemment de mieux faire connaître aux lycéens la poésie, notamment la poésie contemporaine, via notre site. Pour cela nous avons mis en place diverses rubriques : bibliographie, notes de lecture sur des recueils, événements, etc. Je tiens d’ailleurs à rappeler que l’un des objectifs statutaires de l’association est de favoriser l’approche de la poésie sous toutes ses formes, lecture et écriture, en rapport avec les initiatives du ministère de l’Education nationale, en les accompagnant ou en les précédant.
D’autres initiatives sont plus récentes : par exemple, nous avons créé une rubrique « le poète de l’année » qui consiste à mettre en évidence pendant un an un poète (2006 année Léopold Sédar Senghor, 2007 année René Char et 2008 année Gérard de Nerval).
Ainsi chaque année, nous créons un espace spécifique au poète de l’année dans lequel nous proposons des choix de textes, de la bibliographie, des pistes de réflexion, des commentaires pédagogiques, bref, des clés d’entrée dans l’œuvre du poète et non pas du « tout cuit » ; c’est d’ailleurs pour cela que j’ai créé ce que j’appelle « l’alphabet » : des mots clés qui sont des entrées qui proposent aux lycéens de créer leur propre parcours. Il nous arrive aussi, pour accompagner cette action du poète de l’année, de créer des événements. Ainsi, l’an dernier, lors de l’année René Char, nous avons proposé avec deux musiciens et deux comédiens un spectacle musico-poétique en partenariat avec le centre culturel canadien.

En 2006, nous avions fait de même pour l’année Senghor à Aubervilliers.

Pour le dixième anniversaire de notre action, nous allons travailler à un spectacle Gérard de Nerval, dont nous fêtons le bicentenaire de la naissance. C’est un travail que nous allons mener avec les lycéens du lycée Champlin de Chennevières-sur-Marne.
 

Depuis sa création en 1999, le concours a lieu sur le site www.poesie-en-liberte.fr. Pouvez-vous nous décrire les modalités d’inscription et le déroulement jusqu’à la remise des prix ?

Les modalités d’inscription au concours international de poésie en langue française sont liées à l’Internet et à la facilité que cela procure. La participation sur le plan technique est extrêmement simple car il s’agit de remplir un formulaire et d’y insérer le poème proposé. Nous avons observé que depuis le début ce sont les équipes enseignantes qui assurent la prise en charge de ces inscriptions ; de plus en plus d’envois émanent soit d’un professeur, soit d’un CDI. Pour nous, c’est important car notre action fédère des équipes, voire même crée des projets à l’intérieur des lycées comme les ateliers d’écriture.

 Inscription de janvier à avril :
La première phase est donc la phase de participation sur le site entre janvier et avril : elle est précédée d’une phase de diffusion de l’information qui est réalisée grâce à l’ensemble de nos partenaires (ministère de l’Education nationale, MGEN ou AEFE).

Comité de présélection mi-avril

Une fois la collecte terminée, la deuxième étape est la tenue d’un comité de présélection. Compte tenu du nombre de poèmes reçus, entre 4 et 5000, il faut réunir une trentaine de lecteurs au ministère de l’Education nationale, organisés en binômes. Ces lecteurs représentent tous nos partenaires : chefs d’établissement, enseignants, étudiants, anciens lauréats lycéens, anciens jurys lycéens, poètes éditeurs, écrivains, amateurs, représentants du ministère. En une journée, il s’agit de dégager environ 350 poèmes, matière sur laquelle vont réfléchir les lycéens.

comité de lecture 2007

Le jury de lycéens : fin mai

Le jury est composé de 11 lycéens, huit venant de province voire de l’étranger francophone et trois sont recrutés en région parisienne et notamment dans notre académie. Sont jurés de droit les lauréats de l’année précédente. Les autres sont recrutés en fonction de la participation des lycées. Je contacte les équipes pédagogiques puis je propose avec l’aide des professeurs cette mission à un lycéen ou à une lycéenne. Dans la mesure du possible, nous veillons à respecter une bonne répartition géographique. Evidemment, il y a souvent plus de candidats que de places !

Paris, mai 2007

Le jury est accueilli à Paris pendant une semaine pour des délibérations qui se déroulent au ministère de l’Education nationale. Elles se tiennent sous la présidence d’un poète. Pendant cette semaine, des sorties ludiques et culturelles sont organisées pour les lycéens. C’est une semaine très dense pour eux, le groupe prend très vite forme et cela se termine souvent par des larmes.
A l’issue de ce jury, les membres déterminent à la fois les différents palmarès cités précédemment, c’est-à-dire un premier, deuxième et troisième prix par niveau, mais aussi ils nous donnent leur liste de poèmes préférés. L’anthologie publiée sera à la fois le résultat du palmarès et de la liste des poèmes préférés des lycéens.

jury 2007
 
En novembre, lors de la remise des prix, nous tenons à ce que le jury soit présent pour que l’incarnation même du projet soit portée par ces jeunes qui se rencontrent et échangent. C’est émouvant lorsque l’on voit s’étreindre un lauréat russe et un lauréat libanais ou une Italienne et un Roumain. Pendant cette semaine, nous sommes également invités par nos partenaires. L’organisation de cet événement est évidemment très lourde et ne serait pas possible sans l’aide de 10 à 15 bénévoles qui sont parfois avec nous depuis le début, comme ces jeunes gens du lycée Henri Wallon qui ont fait partie de nos « pionniers », auxquels s’ajoutent des chefs d’établissements et des collègues.

La remise des prix au Salon de l’Education : mois de novembre
C’est l’un des moments forts du concours. Les lauréats sont accueillis trois à quatre jours à Paris pour des journées très chargées. Différentes manifestations ont lieu telles que l’accueil à Aubervilliers par une soirée poétique avec la lecture des poèmes primés, le moment de récompense des lauréats au Conseil général de Seine-Saint-Denis, la remise des prix des lauréats du palmarès spécifique à la Région Ile-de-France. Vient ensuite la remise des prix du palmarès national et international, toujours au Salon de l’éducation, avec l’aide de la ligue de l’enseignement, du ministère de l’Education nationale et en présence de tous nos partenaires. Outre la distribution des prix, nous proposons chaque année une lecture au cours de laquelle deux comédiens accompagnés de musiciens lisent un choix de poèmes primés.
Pendant leur séjour, les lauréats accompagnés par les membres du jury visitent Paris grâce aux bénévoles sans lesquels rien ne serait possible.

Le concours se clôt et l’édition prochaine peut commencer dès janvier.
salon de l’éducation - remise des prix - décembre 2007

Quels sont les objectifs futurs de l’association ?

Deux principaux objectifs se dégagent pour les années à venir :

Premièrement, développer le concours en améliorant tout ce qui touche à la communication, car nous souhaitons que les lycéens s’approprient davantage encore le projet. Nous souhaitons mettre en place un système de correspondants dans les lycées à l’échelle académique afin que les lycéens se chargent eux-mêmes de la diffusion sur place. Nous serons aidés pour cela par le délégué national à la Vie Lycéenne. Nous souhaitons également consolider notre collaboration avec les documentalistes qui nous sont d’une aide précieuse.
Avec le lycée Champlin de Chennevières-sur-Marne, nous avons signé une convention pour créer un pôle « poésie » à partir duquel nous pourrions organiser des réunions, voire des moments de réflexion autour de la poésie.

Deuxièmement, nous voulons bâtir un espace européen sur notre site. Cet espace Internet permettrait d’échanger sur les pratiques pédagogiques dans les langues nationales, voire d’accueillir des poèmes de lycéens et d’étudiants européens. Notre échange commencera très certainement par l’Italie, l’Espagne, la Roumanie et l’Allemagne, pour s’élargir par la suite. La première étape de ce projet se concrétisera par l’organisation d’un Colloque Européen consacré aux pratiques pédagogiques.


© DSDEN93 - article actualisé le 7 février 2011


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