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Accueil > Rubriques spéciales > A la une des établissements > Nos reportages de l’année scolaire 2009-2010

Nos reportages de l’année scolaire 2009-2010

A la rencontre d’un grand personnage : Raymond Aubrac

M. Raymond Aubrac, grande figure de la Résistance, est venu à la rencontre des élèves de troisième du collège Garcia Lorca de Saint-Denis les 26 janvier et 2 février 2010. Il répondait à l’invitation de Mme Elisabeth Cherki, principale du collège, de Mme Maude Stéphan, professeur d’histoire-géographie et de l’ensemble des professeurs d’histoire-géographie de l’établissement.

 

Raconter, témoigner pour ne pas oublier

M. Raymond Aubrac sillonne les établissements de France pour remplir ce qu’il définit lui-même comme « son devoir de mémoire ».
Avec une vitalité formidable, il va partout où on l’invite. « Je fais statistiquement 2,3 conférences par semaine. Que peut-on faire d’autre à 95 ans ? Il faut expliquer cette époque compliquée ».
A peine installé dans la salle polyvalente du collège, il se présente aux collégiens, que quatre générations séparent, de manière très humble. « Je suis un vieux bonhomme, témoin d’événements de votre programme d’histoire-géographie… Je suis venu témoigner ce matin sur la Résistance pendant la seconde guerre mondiale ».

 

Une page d’Histoire vivante

Face à des élèves calmes et attentifs, il se raconte en toute modestie et avec une grande sincérité, évoquant ce qu’il a vécu de 1939 à 1945 : sa rencontre avec Lucie Bernard, la guerre, la naissance du mouvement Libération-Sud, la Résistance.
M. Raymond Aubrac n’a rien oublié des événements. D’une voix calme et posée, il livre un récit vivant et précis, parfois émouvant mais aussi emprunt d’humour « Avez-vous déjà rencontré Hitler ? » lui demande timidement une collégienne. « Heureusement pour moi, non … mais aussi pour lui ! » dit-il.
Les élèves ont affiché un respect total devant ce grand homme qui a su au-delà des faits historiques frappé les esprits à travers de nombreux vécus.
Après son témoignage, les collégiens ont dialogué avec l’ancien résistant.

Réagir devant l’injustice

C’est avec simplicité que M. Raymond Aubrac explique aux collégiens comment avec son épouse Lucie et quelques–uns de leurs amis ils ont décidé de faire quelque chose.
« Il y avait dans l’appel du Général de Gaulle un peu d’espoir dans une situation de chaos » confie t-il.
1940 : prisonnier de guerre évadé, il est à Lyon avec son épouse. Débutent les graffitis sur les murs, la rédaction de tracts puis la participation à l’édition du journal Libération-Sud. « A ce moment là, le mot Résistance n’existait pas. Nous réagissions à l’inadmissible, l’insupportable ».
A travers son combat, il explique celui de nombreux anonymes qui un peu partout en France ont contribué à la naissance des mouvements de Résistance. « L’année 1941 a été marquée par l’explosion de journaux clandestins. La bibliothèque nationale recense aujourd’hui environ 1200 titres, dont certains n’ont eu qu’un numéro » précise t-il en expliquant la dangerosité de telles actions.

La conviction d’aboutir

1942 : le début de l’unité de la Résistance « c ’est le travail d’un homme, Jean Moulin », envoyé par le Général de Gaulle, explique t-il.
M. Raymond Aubrac expose ensuite son rôle dans l’organisation de l’armée secrète ainsi que le travail de Lucie, spécialisée dans les évasions.
« Tous les gens qui ont rejoint la Résistance étaient des volontaires, des optimistes. Ils étaient persuadés que leur action allait servir à quelque chose. Il s’est développé à l’intérieur de ces groupes une grande solidarité […] Les résistants ont été capables de désobéir aux risques de peines lourdes ».
Au-delà de cette leçon d’Histoire inhabituelle, il parle de l’engagement résistant et l’on sent ce formidable élan vital qui ne l’a jamais quitté.
Devant son auditoire, il s’attache à transmettre les valeurs de la Résistance, valeurs qu’il considère toujours d’actualité et insiste alors sur l’ importance d’être ici aujourd’hui, devant des jeunes.
« Si l’on est inquiet, si l’on a peur, si l’on est passif et que l’on baisse les bras, la tête, on a beaucoup de chance de ne pas s’en sortir. Si l’on pense qu’on peut faire quelque chose, on a une meilleure chance de s’en sortir ».

« J’ai fais ce que j’ai pu »

Aux questions des collégiens sur la peur, M. Raymond Aubrac décrit comment il s’est échappé, grâce à la complicité de Lucie, du camp de prisonniers de guerre le 21 juin 1940. « Quand on avait l’envie de s’évader, ce qui était mon cas, il fallait quitter l’uniforme militaire. C’est là que Lucie m’a rendu son premier service d’évasion. Elle m’a procuré un bleu de mécanicien. Donc, le soir vers minuit, je me suis retrouvé devant une grande grille. Il fallait l’escalader puis sauter. J’ai eu peur, la peur qui vous tord le ventre. La peur de mourir. Et puis j’ai sauté… il n’y avait pas de sentinelle allemande ».
A une autre occasion, il emmène les collégiens en 1943 en gare de Nîmes alors qu’il transportait dans sa valise une mitraillette en pièces détachées. Descendant du train, il s’engagea dans l’unique escalier pour quitter la gare. En bas de celui-ci, deux gendarmes français contrôlaient tous les voyageurs. Impossible de faire demi-tour. Son tour arriva, les gendarmes ouvrirent sa valise, sortirent la crosse de la mitraillette. Il expliqua alors qu’il s’agissait d’une pièce de machine agricole.

Personnage emblématique de la Résistance, M. Raymond Aubrac déclare « j’ai fais ce que j’ai pu » à une question sur ces regrets par rapport aux actions non menées pendant la Résistance.
Lorsqu’un collégien lui demande s’il a reçu des récompenses après la guerre, il répond avec une pointe d’humour « des pins’s comme vous les appelez », marque un temps d’arrêt et dit « ma plus belle récompense, c’est vous ». Moment impressionnant pour ces collégiens dont ils se souviendront toujours.

Son témoignage a suscité beaucoup d’autres interrogations : « Avez-vous déjà tué des gens ? Qu’avez-vous fait de votre vie après la guerre ? Avez-vous des amis allemands ? Voyez-vous encore des résistants ? … ».
M. Raymond Aubrac conclura par un message de citoyenneté en leur expliquant l’importance d’aller s’inscrire dès 18 ans sur les listes électorales. « C’est le premier acte citoyen ».
En quittant ce collège de Saint-Denis, il avoue qu’il part cette fois pour Rouen puis Orléans. Une volonté qui ne s’arrêtera jamais de transmettre aux plus jeunes l’Histoire et les valeurs de la Résistance.

 

 

© DSDEN93 - article actualisé le 7 octobre 2010


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