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Nos reportages de l’année scolaire 2008-2009

Une rencontre inoubliable

Concours national de la résistance et de la déportation

Lorsque M. Cyril Lacoste, enseignant en classe de Segpa au collège Pierre Semard de Drancy participe à la rencontre départementale « Mémoire de la résistance et de la déportation » (voir article), il sait qu’il mobilisera ses élèves de troisième au concours national de la résistance et de la déportation (règlement du concours).

Ce concours scolaire, organisé par la fondation pour la mémoire de la déportation (voir le site) est placé sous l’autorité des ministères de l’Education nationale et de la Défense. Il s’adresse aux collégiens de troisième ainsi qu’à tous les lycéens. Son objectif est de perpétuer chez les jeunes le souvenir de la résistance et de la déportation mais surtout d’en tirer les leçons civiques.
C’est dans cet état d’esprit que M. Cyril Lacoste s’engage avec ses élèves dès le mois de janvier. Il souhaite assurer la transmission de ces événements mais aussi « les impliquer davantage au programme d’histoire. Ce sont des élèves en grande difficulté scolaire. Cela leur permettra également d’améliorer leurs compétences à l’écrit. »
Pour faire entrer ses élèves dans cette démarche de réflexion, il lui a fallu varier les supports, vecteurs de mémoire, au cours des séances : déplacement sur un lieu de mémoire, le camp d’internement de Drancy, rencontre et échange avec un déporté, travail sur des supports visuels tels que dessins, vidéos, témoignages de la déportation  d’enfants. 

Sa collègue, Mme Nathalie Devanne, professeur d’histoire-géographie, qui a déjà participé au concours, le met en contact avec l’association des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD).

« J’avais 15 ans comme vous, je n’étais pas un héros »

Le 5 février 2009, les dix collégiens sont reçus dans les locaux de l’AFMD à la cité de la Muette, ancien camp d’internement de Drancy.
Ils sont venus rencontrer M. Léon Zyguel, mémoire vivante de la déportation. Arrêté à 15 ans, le même âge que ces adolescents aujourd’hui, il a été déporté de 1942 à 1945 au camp d’Auschwitz. « Je ne suis pas professeur d’histoire mais le témoin d’une époque » annonce t-il aux élèves dès son arrivée.
Afin que les collégiens comprennent mieux leur présence sur ce lieu chargé d’histoire, les membres de l’AFMD débutent l’après-midi par l’histoire du camp d’internement.
M. Léon Zyguel explique aux élèves qu’il était donc ici il y a plus de 60 ans « J’ai été arrêté en mai 1942, à 15 ans, à quelques kilomètres de la ligne de démarcation puis interné dans les camps de Mérignac, Pithiviers et Drancy. »

 

Récit objectif sur la réalité concentrationnaire

Pendant plus d’une heure, il plonge son auditoire dans la barbarie nazie en racontant son histoire, ce qu’il a vécu, vu et dont il est le témoin. « Sur les 1000 personnes du convoi numéro 35, seul 23 reviendront » dit-il aux collégiens. A travers un récit objectif, digne, il laisse percevoir la réalité concentrationnaire en décrivant sa vie d’adolescent de 15 à 18 ans dans le camp d’Auschwitz. Les élèves l’écoutent dans un silence respectueux. Il met des mots sur l’horreur qu’il a vécue durant 31 mois en camp de concentration.
Vient ensuite le moment d’échange. Mélange de questions préparées et spontanées, les collégiens se lancent rapidement dans un flot d’interrogations :

« Vous avez employé plusieurs fois le mot effroyable, quand avez-vous compris ? »

« Comment avez-vous fait pour rester en vie ? »

« Faites-vous toujours des cauchemars ? »

 

N’oubliez pas, c’est arrivé

M. Léon Zyguel a répondu à chacun d’entre eux puis les a remerciés de leur écoute avant de conclure « Vous savez maintenant jusqu’où le racisme peut aller. A vous de savoir ce qu’il faut faire pour que cela ne se reproduise plus. »

Le message d’un déporté, héritage mémoriel et historique, a profondément marqué ces adolescents. Rencontrés quelques semaines plus tard, Katia, Kenza, Paco, Prescilla et leurs camarades avaient encore beaucoup de mal à exprimer ce qu’ils ressentaient.

 

 

« Le cours d’histoire sur Hitler m’avait peu intéressé. Au début, on se dit que c’est une histoire. Puis après on découvre beaucoup de choses. Cette rencontre avec M. Zyguel m’a rapproché de ce travail. Je suis choquée parce qu’il a vu de ses propres yeux des enfants et des mères que l’on mettait dans les chambres à gaz » confie Katia.

« On ne peut pas écrire tout ce que l’on ressent. Il y a trop de choses. Ce serait plus qu’un dictionnaire » annonce Prescilla.

 

Vu par l’image

Afin d’enrichir le travail de réflexion et d’arriver à un passage à l’écrit, ils travaillent pendant plusieurs séances sur des supports visuels tels que les dessins de Thomas Geve, enfant déporté, ainsi que les vidéos, le grenier de Sarah, documents audiovisuels basés sur des histoires réelles d’enfants déportés.

 

« Il n’y a pas d’enfants ici »

Les élèves découvrent l’exposition de Thomas Geve « Il n’y a pas d’enfants ici », recueil de dessins témoignant de sa déportation de 13 à 15 ans.

Porte du camp d’Auschwitz-Birkenau, arrivée à la rampe de sélection, travail au camp … C’est avec leurs propres mots que les élèves décrivent ce qu’ils perçoivent à travers le vécu de cet enfant déporté, survivant des camps de concentration. 

 

« Raconte-moi ton histoire »

Sur le site « le grenier de Sarah », ils découvrent le destin de sept enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale. Pour chaque témoignage, récit autobiographique ou des proches,  ils doivent répondre à un questionnaire préparé par leur enseignant afin de confronter leur point de vue.

M. Cyril Lacoste et Mme Nathalie Devanne s’associent pour aider les élèves dans la rédaction de leurs textes. « Produire un texte est vraiment un exercice difficile pour les élèves en grande difficulté, les témoignages et les supports utilisés ont aidé une grande partie d’entre eux à "se lancer". Le fait de travailler differemment peut faire peur à certains élèves car ils n’ont pas le cadre rassurant du cours cahier-livre, et à certains enseignants aussi... » nous confie M. Cyril Lacoste.

 

Production d’affiches pour le concours

L’important est de garder une trace écrite de tout ce travail très riche mené par l’ensemble de la classe, du chemin parcouru pour mieux comprendre le souvenir de la déportation et plus particulièrement des enfants et adolescents dans le système concentrationnaire nazi.
La classe décide alors de réaliser quatre panneaux qu’elle présentera au concours.

« On a travaillé sur le projet pendant six semaines à raison de deux heures par semaine. Le projet a été moteur pour la classe même s’il ne gomme pas les difficultés de certains à se concentrer sur du long terme. La qualité des écrits a été très inégale mais elle reflète bien l’hétérogénéité de la classe » conclut M. Cyril Lacoste.

 

© DSDEN93 - article actualisé le 7 octobre 2010


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